
Souvenez-vous de 2007, une année difficile pour les studios Hollywoodiens, contraint de faire face à une rude négociation avec les scénaristes qu’ils emploient. Une grève aura largement paralysée l’industrie américaine du cinéma et de la télévision. 24 H Chrono, un des fleurons de la Fox, aura été une des principales victimes de ce mouvement syndical. Principale conséquence pour le grand public, l’annulation pure et simple de la saison 7, laquelle aurait logiquement du être diffusée aux Etats-Unis à partir de janvier 2008.
La saison 7 commencera d’être diffusée dans maintenant quelques jours seulement (dès le 11 janvier 2009). La saison 6 s’étant achevé le 21 mai 2007, l’attente aura été longue pour les nombreux fans de la série.
Pour soutenir quelque peu cette attente, pour peut-être aussi préparer le terrain en vue d’une éventuelle adaptation un jour de 24 au cinéma, Jon Cassar, Joel Surnow et Robert Cochran ont planchés sur un téléfilm de 1h25 dont la narration s’intercalera entre les saisons 6 et 7.

Un rapide retour en arrière s’impose donc pour resituer l’action de la saison 6. Jack Bauer se libérait du joug des chinois, devait faire face à une menaca terroriste orchestrée par les Russes, et surtout devait se confronter à son père, lequel jouait un rôle éminemment trouble par rapport aux intérêts défendu par la CAT pour le gouvernement US. Un Gouvernement qui perdait d’ailleurs à peu près toute sa crédibilité.
L’intérêt premier du téléfilm est d’orchestrer le retour aux Etats-Unis d’un Jack Bauer en fuite, mais aussi de redistribuer toutes les cartes politiques qui nourrirons bien sûr l’intrigue de la saison à venir.
Jack Bauer se cache dans un pays africain qui pourrait être le Libéria ou la Sierra-Leone. Un coup d’état se prépare et les rebelles cherchent d’abord à monter une armée composée pour l’essentiel d’enfants-soldats. Jack prête lui ses services à un ancien frère d’arme (Robert Carlyle), reconverti en instituteur humaniste. Les deux américains chercheront donc à protéger les enfants de l’école de cette guerre civile qui se prépare.

Jack Bauer est aussi cité à comparaître à Washington, ou son procès est prévu afin de juger de ses actions dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme. Jack Bauer, il est un peu comme John Rambo, un serviteur de la nation, une bête impitoyable mais esssoré jusqu’à la moelle par un système politique qui au final le rejette, l’abandonne, et le condamne. Jack Bauer à assez de rancoeur pour ne plus vouloir entendre parler des Etats-Unis. Il rejette la convocation et se trouve obligé de fuir pour se cacher encore.
A Washington, un complot est en train de se révéler dans l’ombre de l’investiture de la nouvelle présidente des Etats-Unis. La sénatrice Allison Taylor est appelée à prendre la succession du président Noah Daniels.
On sait à quel point, au-delà de ses relents réactionnaires, 24 est une série qui digère parfaitement les évènements politiques et géopolitiques qui font l’Histoire contemporaine des Etats-Unis. Le téléfilm nous invite donc dans les coulisses d’une investiture présidentielle alors que le monde entier attend justement la prochaine intronisation de Barack Obama. A travers le téléfilm, notre paranoïa est alimentée par cette mise en évidence d’une fragilité particulière au moment précis de ce basculement entre deux présidences.

On sait aussi à quel point les relations entre les Etats-Unis et les Nations Unies sont complexes. Symbole de cette perception par les américains de l’ONU, le rôle assigné au seul représentant de l’organisation dans ce téléfilm. Le personnage est montré comme une ordure de première catégorie, un lâche absolu qui préfère sauver sa peau et se cacher derrière l’argument de la neutralité que doit observer l’ONU dans un conflit civil. En Europe, nous somme particulièrement sensible à cette question depuis la guerre du Rwanda des années 90. 24 donne clairement le mauvais rôle à ce soldat, même si bien entendu, face à Jack, ils ne sont pas nombreux à avoir le beau rôle. Des personnages sont déjà sacrifiés qui nourrirons la colère de Jack. D’autres apparaissent qui semblent pour le moment pourris jusqu’à l’os ou alors les futurs colombes de la paix. Sauf que l’on sait que dans 24, les masques tombent souvent d’un côte comme de l’autre.
La rédemption cherchée par Jack lance ainsi parfaitement les bases de la prochaine saison. La série donne aussi un peu de souffle à son intrigue générale en s’évadant un temps des villes américaines et du bureau de la CAT. Nous revoilà donc impatient d’en découdre de nouveau, de renouer avec tous les personnages, de revoir ceux que l’on entrevoie ici. Les créateurs ont aisément rempli leur mission. Vivement le 12 janvier !
Benoît Thevenin
Avec Kiefer Sutherland, Robert Carlyle, Jon Voight, Gil Bellows, Cherry Jones, Peter MacNicol, Colm Feore, Powers Boothe, Isaach de Bankolé, …
Première diffusion le 23 novembre 2008 (Fox) ; Toujours inédit en France












































































décembre 27, 2008 à 5:43
J’ai un peu lâché 24 depuis quelques temps, un peu par lassitude, beaucoup par manque de temps et surtout par envie de découvrir de nouvelles séries… Il en reste une mécanique bien huilée et le retour de Robert Carlyle sur le devant de la scène. Dommage qu’il ne trouve pas plus de rôle de son envergure ! Cette participation dans ce téléfilm lui a peut-être valu son “enrôlement” dans la prochaine série de la franchise “Stargate”. J’ai quelque chose à avouer, je n’ai jamais pu regarder un seul épisode de cette série. Begbie me fera peut-être changer d’avis !
décembre 28, 2008 à 2:15
J’adore cette série et c’est vrai que j’espère pouvoir voir ce téléfilm prochainement. Ca a l’air pas mal et mieux que la saison 6 un peu decevante après une saison 5 vraiment pas mal du tout. Il me semble que ce téléfilm soit nominé au Golden Globe (j’ai peut etre sauté le passage sans faire exprès dans ton billet ^^). J’ai hate de le voir en tout cas
Vlad
décembre 28, 2008 à 3:07
@ Axel : Je n’ai jamais vu Stargate non plus. Je reste donc sur le film d’Emmerich que j’avais bien aimé à l’époque mais que je n’ose pas revoir… Robert Carlyle, oui c’est dommage… Mon dernier souvenir de lui est dans la séquence d’ouverture de 28 semaines plus tard.
@ Vlad : En fait, il me semble que seul Kiefer Sutherland est nommé au Golden Globes pour ce téléfilm. Dans la catégorie meilleur téléfilm, je ne crois pas que le film soit cité même si je me trompe peut-être. Par contre je sais que Recount est nommé. J’ai parlé de ce film ici même et c’est clairement mon favoris pour cette récompense
@ tous les deux : Je suis resté fidèle à 24 depuis ses débuts mais je comprend ta lassitude Axel… Ca rejoint ce que dis Vlad, la saison 6 est vraiment pas terrible, le 4 ne l’était pas non plus. Par contre, la 5 m’a retourné. Je la considère de très loin comme la meilleur saison de cette série.