
Fidèle à son sud-ouest natal, Alain Guiraudie creuse avec son “Roi de l’évasion” le sillon d’un cinéma atypique et attachant.
Armand, la quarantaine épanouie, est homosexuel et célibataire. Il satisfait sa libido dans les bosquets et comble son temps libre par la pratique du cyclisme. Un soir, témoin de l’agression d’une lycéenne par un groupe de jeunes de son âge, il intervient. La jeune fille tombe amoureuse de son sauveur qui lui n’est pas complètement insensible aux charmes de l’adolescente…
Armand est le roi de l’évasion pour son sens aigu de l’esquive et de la bifurcation, mais le film porte également ce titre car il est question d’une étonnante cavale amoureuse. Le ton est toujours au décalage, à l’ironie, au burlesque. Le Roi de l’évasion est un film fou, totalement débridé et très drôle, le genre de film que ne renieraient sûrement pas les frères Larrieux. On est là dans un registre assez proche de leur cinéma avec un récit qui dérive continuellement vers la potacherie sexuelle la plus décomplexée, vers un comique absurde dès plus jouissif, même si ca ne fera pas rire tout le monde c’est une évidence.
Et puis si le film est si attachant, c’est aussi par la grâce d’un casting inédit, assez hétéroclite et ou tous les acteurs sont géniaux, à commencer par Ludovic Berthillot que l’on croit voir pour la première fois dans un premier rôle et qui assume magistralement, avec une formidable aisance. A ses côtés, la belle Hafsia Herzi dans une composition libre et qui apporte une réelle fraîcheur, un peu de folie aussi. Il y a une part de risque de sa part à jouer ce rôle et on ne peut que l’en féliciter.
Ceux qui connaissent déjà le cinéma de Guiraudie, Voici venu le temps en particulier, ne seront pas dépaysés. Les deux films partagent de nombreux points communs, l’humour, la sexualité décomplexée etc. Les autres qui ne connaissent pas encore Guiraudie auront tord de se priver plus longtemps du cinéma de cet auteur plutôt insolite dans le paysage actuel. Surtout que Le Roi de l’évasion ne se contente pas d’être décalé, drôle et attachant. Le travail de Guiraudie s’affine esthétiquement de film en film. La mise en scène est précise, élégante, avec quelques jolis mouvement d’appareils, de beaux travellings notamment, et coïncide avec l’esprit libre du film dans son ensemble.
Benoît Thevenin
Le Roi de l’évasion - Note pour ce film :





































































juin 6, 2009 à 4:10
Je l’ai vu hier soir également (on ne se quitte plus), et j’ai moi aussi pensé aux Larrieu.
C’est très drôle, joliment cru, et ça fait exploser toutes les barrières.
juillet 15, 2009 à 2:06
Très très envie de le voir celui là !