I Love You, Man de John Hamburg

19144220_w434_h_q80

Very Bad Trip triomphe actuellement dans les salles. C’est une bonne comédie, dans laquelle on rit de bon coeur, donc tout va bien. L’été est sauvé. On a par ailleurs des comédies encore plus drôles et sophistiquées, sorties ou qui s’annoncent (Les Beaux gosses, Whaterver Works, Hôtel Woodstock). Bref, on a trouvé de la belle camelote pour passer un été cinéphile dès plus fun. A la rigueur, même l’anecdotique La Copine de mon meilleur ami mérite quelques égards, mais on baisse déjà là d’un cran ou deux. Tout ça pour dire qu’on a un petit lot de comédies (auxquelles on rajoute aussi le sympathique Miss Mars) vers lesquelles il est recommandé de braquer ses yeux avant de les tourner vers ce qui s’apparente aux fonds de tiroirs.

I Love you, man rappelle un film au canevas de départ assez proche, l’un des pires réalisés par Patrice Leconte, Mon Meilleur ami. A l’instar de Daniel Auteuil dans ce navet là, Paul Rudd incarne un personnage qui n’est entouré d’aucun ami et qui ressent soudain la nécessité d’en trouver au moins un. Chez Leconte, la quête est provoquée par un pari stupide, dans le film américain, le héros éprouve ce besoin parce qu’il se marie bientôt et se rend compte qu’il n’a personne sur qui compter pour remplir la fonction de témoin. L’idée lui est d’autant plus insupportable que sa fiancée compte elle des amies qui lui sont particulièrement proches.

19064353_w434_h_q80

Il faut croire que chercher des amis est une fausse bonne idée de cinéma. Ce qui est sûr c’est que les deux film cités, s’ils se ressemblent finalement peu, partagent malheureusement une désespérante impression de ratage, sinon de naufrage. I love you, man ressasse les ingrédients d’une classique comédie romantique sauf que l’on est pas dans ce registre là, la petite amie étant déjà conquise, elle. Le film mise alors sur ce décalage qui voit Peter chercher un ami comme s’il convoitait effectivement une belle, avec ce qu’il faut de scènes de séductions, de dîners faussement romantiques. Forcément arrive le moment ou Peter passe pour un homosexuel en chasse, ce qu’il n’est bien sûr pas. Le film ne joue en rien sur cet aspect là, il n’y a pas d’homosexualité latente chez Peter, ni chez celui qui deviendra son meilleur ami (Jason Segel). I Love you, man est une comédie innocente, sans arrière-pensée, ce qui est en fait  évident puisqu’il s’agit de n’être que de bons amis.

19064370_w434_h_q80

Jason Segel à beau faire de jolis efforts pour bousculer un peu les certitudes de Peter, pour le décomplexer , ce n’est qu’à grand renfort de potacheries aux limites de la vulgarité. Il y a des films pour lesquels cela marche très bien, ou viser en bas de la ceinture pour provoquer le rire peut être savoureux et les Farelly parmi tant d’autres en sont une belle preuve. Ici, ca ne fonctionne absolument pas, déjà parce que les gags ne sont pas drôles quand ils n’ont pas déjà été vus mille fois, mais aussi parce que le film s’efforce à rester toujours très propre, très sage, très cul serré, malgré que la petite amie avoue à un moment aimer la pratique de la fellation (ce que son cheri n’imaginait pas). Ainsi, lorsque le film se vautre dans le pipi-caca et le vomi, il n’y va que timidement, et ca ne fait ni rire ni grincer. Juste on est affligé parce qu’on a une seule impression, celle d’un film qui tourne en rond, qui ne raconte rien et ne croit pas en son histoire, laquelle repose dès l’introduction sur des bases plus que faiblardes. La notion d’amitié n’est même pas travaillée et il apparaît peu probable qu’en sortant de la salle avec vos amis, vous ayez plus envie que les autres jours de les serrer dans vos bras pour leurs faire comprendre combien vous trouvez qu’ils sont chouettes.

Il est un aspect ou I Love you, man brille quand même, celui du placement de marques. Apple en particulier se régale. Le film se veut pop’ et dans l’air du temps, avec l’Iphone qui revient souvent à l’écran et aussi parce que la bande-son recycle quelques standards musicaux actuels (Rihanna, Vampire weekend). Tous les poncifs sont passés en revue et I love you, man ne ressemble finalement qu’à une comédie supplémentaire, fabriquée et vendue artificiellement,  avec un joli emballage pour ce qui est de la bande-originale (oui, elle fait passer la pilule), mais qui ne repose que sur du vide et n’arrive même jamais à déclencher un vrai sourire.

Benoît Thevenin


I Love You, Man - Note pour ce film :

Réalisé par John Hamburg
Avec Paul Rudd, Jason Segel, Rashida Jones, Jaime Pressly, Jon Favreau, Andy Samberg, J.K. Simmons, Lou Ferrigno  …
Année de production : 2008
Sortie française le 29 juillet 2009

2 réponses vers «I Love You, Man de John Hamburg»

  1. Thibault F. dit :

    Comme tu le dis justement, le film reste trop propre. Et le plus énervant, c’est de faire jouer deux acteurs plutôt sympathiques et avec un minimum de classe ou de charisme pour finalement jouer avec du pipi/caca et laisser en surface le vrai thème (amitié) en surface. Le film est plat et ne fait pas rire, simplement parce qu’aucun choix n’est fait avec conviction (humour potache, …).
    Belle critique sinon :)

  2. Vlad dit :

    Un film que je devrais découvrir demain si tout va bien tout comme le dernier pixar en 3D

Laisser un commentaire